ACTUALITES

Filmer la vie des virus

  |   Actualités, EN PAGE D'ACCUEIL
L’évaluation de traitements à l’encontre de maladies virales repose d’une part sur la compréhension des mécanismes infectieux et d’autre part sur l’essai, dans des conditions aussi proches que possible de la réalité, de molécules à visée thérapeutique. Que ce soit dans un cas comme dans l’autre, l’observation in vivo des virus constitue un gage de succès. Les chercheurs de l’équipe ANCHOR (LBME – CBI / ITAV*) sont justement parvenus à adapter aux virus à ADN une technologie permettant leur observation directe au sein des cellules vivantes.

 

La technologie ANCHOR

 

L’équipe ANCHOR est à l’origine de la technologie homonyme déjà appliquée avec succès à des bactéries, levures ou même cellules humaines. Les premiers résultats, prometteurs, ont encouragé les chercheurs à poursuivre l’adaptation de cette technologie cette fois au monde des virus à ADN. Anchor© repose sur l’insertion d’une courte séquence d’ADN capable de fixer une protéine fluorescente directement dans le matériel génétique de l’organisme que l’on souhaite étudier. La protéine fluorescente va alors se lier à cette séquence dès que celle-ci sera exprimée, permettant sa détection directe par simple examen en microscopie à fluorescence.

Adaptée aux virus à ADN

 

Densité virale en temps réel (Image Franck Gallardo –  NeoVirTech)

Les herpès virus humains ont la particularité d’être des virus à ADN de grande taille. Généralement bénins, ils engendrent cependant de graves symptômes chez les sujets immunodéprimés. La complexité de leurs mécanismes d’infection et de réplication constitue un frein à leur compréhension et, par voie de conséquence, à la découverte de molécules à visée thérapeutique.

 

Les chercheurs ont introduit cette séquence ainsi que le gène codant pour la protéine fluorescente dans le génome d’un cytomégalovirus humain. Après avoir vérifié que cette variante du virus conservait bien les propriétés du virus sauvage dont il dérivait, les chercheurs ont infecté différentes lignées cellulaires.

 

Le résultat est univoque : le cycle du virus peut être intégralement suivi par simple observation, depuis les phases précoces de l’infection jusqu’à la lyse des cellules infectées. De plus, la charge virale, marqueur de la progression de l’infection, peut également être précisément quantifiée. L’adaptation de cette technologie ouvre ainsi, dans le vaste règne des virus à ADN, le champ à l’évaluation directe de molécules anti-virales…

Références

 

Real-time visualization and quantification of human Cytomegalovirus replication in living cells using the ANCHOR DNA labeling technology.
Bernard Mariamé1,2, Sandrine Kappler-Gratias2,5, Martin Kappler3, Stéphanie Balor1,4, Franck Gallardo2,5# and Kerstin Bystricky1,2#

  1. Laboratoire de Biologie Moléculaire Eucaryote, Centre de Biologie Intégrative, Université de Toulouse, CNRS, Toulouse, France
  2. Institut des Technologies Avancées en Sciences du Vivant, Université de Toulouse, CNRS, Toulouse, France
  3. Statalpha, Baziège, France
  4. Plateforme de Microscopie Electronique Intégrative (METi), Centre de Biologie Intégrative, Université de Toulouse, CNRS, Toulouse, France
  1. NeoVirTech SAS, Toulouse, France