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La genèse de NeoVirTech

  |   Lettre d'information

NeoVirTech : Une entreprise issue de la recherche fondamentale

 

Transformer une découverte fondamentale en entreprise s’apparente à un véritable défi. C’est pourtant celui qu’a relevé Franck Gallardo, son dirigeant et désormais ex-chercheur. NéoVirTech, sa prometteuse société a émergé de la recherche biologique la plus fondamentale. Son cœur de métier : identifier de nouveaux anti-viraux, des molécules capables d’empêcher la prolifération de virus. Cependant si cette start-up toulousaine est issue de la recherche, elle a également pu s’incarner grâce à un accompagnement étroit et un environnement unique…


De la découverte…

NeoVirTech, c’est à l’origine une découverte issue d’une recherche fondamentale, fruit des travaux de deux laboratoires (LBME et LMGM – CNRS/Université Paul Sabatier), de deux équipes étudiant des sujets distincts, mais parvenant cependant à faire émerger un concept totalement nouveau. Si l’on évoque le marquage chromosomique de cellules eucaryotes, cela peut sembler flou. « A couper les chromosomes en quatre ! » plaisante Pierre-Emmanuel Gleizes, directeur du LBME. Si en revanche, ce même marquage permet de visualiser les processus fondamentaux du vivant, y compris la division cellulaire, l’invasion et la propagation de bactéries ou de virus, cela devient davantage concret !

 

 

Le reste du raisonnement sonne comme une évidence pour Kerstin Bystricky et Franck Gallardo, deux des co-découvreurs : Si l’on peut mesurer la prolifération de virus dans des cellules humaines, alors on peut tester l’efficacité de molécules antivirales. L’avantage majeur de cette technique est lié à sa rapidité de mise en œuvre et d’exécution : Elle ne requiert que 48h de test, là où les systèmes conventionnels, exigeaient plus d’une semaine. Qui plus est, cette méthode permet de tester en parallèle des centaines d’antiviraux potentiels. Un gain non négligeable lorsque l’on sait le coût lié à l’élaboration d’un nouveau médicament… et les multitudes de molécules dormant dans des éprouvettes, faute d’avoir pu être testées !

 

…A sa concrétisation

Cependant, parallèlement au dépôt du brevet, les écueils dans le long procédé qui mène de l’idée à son application sont légion. Pour commencer, le laboratoire d’origine ne possédait ni les infrastructures ni l’expertise pouvant permettre de tester et améliorer le procédé, ni d’ailleurs d’expérience dans le montage entrepreneurial. Les découvreurs s’orientent alors vers une structure toulousaine porteuse d’un environnement prometteur : l’ITAV. Cet « hôtel à projet » conjugue tous les avantages pour murir un tel projet entrepreneurial.

 

Pour Franck Gallardo : « C’est l’environnement parfait quand on a un projet à risque, qui mérite d’être testé. L’interaction humaine, l’interdisciplinarité et les équipements disponibles forment une configuration idéale. » Plateformes dotées d’équipements scientifiques de pointe, ingénieurs capables d’en tirer le meilleur parti, proximité immédiate de la pépinière d’entreprise du Centre Pierre Potier et de ses jeunes entrepreneurs dans les biotechnologies, prêts à partager leur expérience : autant d’atouts pour faire évoluer le projet jusqu’à son lancement. « Mon accueil à l’ITAV a été essentiel dans la décision de lancement de ma société. » ajoute-t-il comme l’inéluctable constat d’une personne ayant finalement effectué le « grand saut ».

 

Même si la suite de la route reste encore à tracer, NéoVirTech se lance à l’assaut d’un marché prometteur. Focalisant, dans un premier temps son activité sur la recherche d’antiviraux dirigés contre les virus de la famille de l’Herpès (humains et animaux), elle espère par la suite étendre son activité à d’autres agents pathogènes. Pourquoi l’Herpès ? Un virus, qui loin de se limiter aux communs boutons de fièvres, comporte dans sa famille des responsables de nombreux cas de cancer…et de millions de mort dans certains pays Nord-africains et asiatiques. L’enjeu sanitaire rencontre ici des impératifs économiques majeurs, les traitements existants sont vieillissants et, il est fort à parier, et c’est sans aucun doute le pari de NeoVirTech, que l’on puisse trouver mieux.

 


Témoignages


Franck Gallardo (Créateur de NéoVirTech) :

 

Un mélange de défi et d’opportunité

 

“Quand j’ai rejoint l’ITAV, j’avais 4 objectifs : Montrer que notre méthode de criblage fonctionne, obtenir des premiers contrats, trouver des partenaires ainsi qu’un label*. Dès que ces objectifs ont été remplis, j’ai décidé de créer. Je n’oublie pas que cette création d’entreprise constitue un mélange de défi et d’opportunité. Il faut se mettre des défis, car quoi qu’il arrive, je préfère le faire même si cela doit être un échec. Si je n’avais pas créé ma société par peur du risque, je pense que l’aurai regretté toute ma vie. Une question d’opportunité aussi : le projet n’était pas encore mature et sortait du cadre de ce que l’on pouvait faire dans un laboratoire de recherche fondamentale : il fallait des moyens techniques et humains ainsi que de l’expérience dans le montage entrepreneurial. L’ITAV qui réunit ces différents aspects a donc été le lieu de cristallisation, l’étape essentielle au développement et à l’aboutissement de mon projet. Ce n’est pas tant les équipements que les personnes qui savent les faire fonctionner et en tirer le meilleur parti qui ont été essentiels dans la validation de notre offre mêlant techniques de chimie et d’imagerie de pointe. Finalement, l’interaction avec la pépinière d’entreprise a été déterminante. D’autres chefs d’entreprises n’ont jamais hésité à me faire part de leur retour d’expérience, succès comme erreurs, m’ont prodigués conseils… Définitivement, oui, sans tout cela, je n’aurais pas encore créé mon entreprise !”

 

*F. Gallardo est lauréat du concours de création d’entreprise de technologie innovante Oséo Emergence en 2013 (MESR/BPI France). Ce label ouvre des portes et apporte de financements qui orientent la stratégie marketing.


 

Pierre-Emmanuel Gleizes, Professeur à l’Université Paul Sabatier et Directeur du LBME (UMR5099 – CNRS/UPS) :

 

Une innovation issue de la recherche fondamentale

 

“Le brevet est à l’origine signé de deux responsables d’équipe, dont un issu de notre laboratoire. Ils travaillaient sur des disciplines différentes mais toutes deux très fondamentales : étudier par exemple comment les chromosomes bactériens se séparent ! Valoriser une telle découverte n’est pas évident. L’ITAV est alors apparu comme étant une plateforme très adaptée, comme le prolongement naturel d’un laboratoire de recherche fondamentale tel que le nôtre. Ce succès montre encore une fois que la recherche, même très fondamentale, peut contribuer au développement économique, à condition de trouver les bons relais et de soutenir les chercheurs prêts à se jeter à l’eau. En tant que directeur, je suis convaincu que des structures comme la nôtre peuvent favoriser l’essor du secteur des biotechnologies sur la région en générant des idées originales et en formant de jeunes biologistes de haut niveau, à l’image de Franck Gallardo. C’est aussi une expérience motivante pour les personnes impliquées : Kerstin Bystricky, chef d’équipe à l’origine de la découverte, est restée parmi nous tout en étant détachée à hauteur de 20% de son temps sur l’ITAV, mêlant ainsi à son activité de recherche académique la possibilité d’accompagner cette belle aventure.”


 

Bernard Ducommun, Professeur à l’Université Paul Sabatier et Directeur de l’ITAV (USR3505 – CNRS/UPS/INSA) :

 

L’ITAV, un outil à disposition de la communauté scientifique

 

“Nous sommes des chercheurs avant tout ! Même si l’on réalise que certains de nos résultats pourraient être valorisés, il est souvent difficile de franchir le pas. La solution la plus simple est de céder son savoir ou son invention à une entreprise existante, mais l’alternative est bien entendu de créer sa propre entreprise qui permettra d’exploiter ces résultats.

 

Difficile et compliqué ? Oui, certainement, mais nous bénéficions de dispositions très sécurisantes de la loi sur qui permettent d’accompagner une aventure entrepreneuriale lorsque l’on est chercheur ou enseignant-chercheur. Alors comment mettre toutes les chances de son côté pour que l’aventure soit un succès ? En la conduisant dans un lieu comme l’ITAV, ou le mot valorisation est aussi important que le mot publication. Pour moi, à l’ITAV, créer une entreprise, mettre en place un contrat de collaboration ou de maturation est aussi important que de publier un article dans un grand journal.
Un lieu comme l’ITAV est donc là pour catalyser et aider à murir des projets.  Le rôle de l’ITAV est également d’aider et d’accompagner des jeunes chercheurs et ingénieurs sans emploi à se lancer dans l’aventure et à devenir d’excellents porteurs de projets et futurs chefs d’entreprises.”

 


 

Kerstin Bystricky, Professeur l’Université Paul Sabatier et chef d’équipe au LBME (UMR5099 – CNRS/UPS) :

 

Entre passion et utilité, espoirs et obstacles

 

“Nous sommes des chercheurs avant tout ! Même si l’on réalise que certains de nos résultats pourraient être valorisés, il est souvent difficile de franchir le pas. La solution la plus simple est de céder son savoir ou son invention à une entreprise existante, mais l’alternative est bien entendu de créer sa propre entreprise qui permettra d’exploiter ces résultats.

 

Difficile et compliqué ? Oui, certainement, mais nous bénéficions de dispositions très sécurisantes de la loi sur qui permettent d’accompagner une aventure entrepreneuriale lorsque l’on est chercheur ou enseignant-chercheur. Alors comment mettre toutes les chances de son côté pour que l’aventure soit un succès ? En la conduisant dans un lieu comme l’ITAV, ou le mot valorisation est aussi important que le mot publication. Pour moi, à l’ITAV, créer une entreprise, mettre en place un contrat de collaboration ou de maturation est aussi important que de publier un article dans un grand journal.

Un lieu comme l’ITAV est donc là pour catalyser et aider à murir des projets.  Le rôle de l’ITAV est également d’aider et d’accompagner des jeunes chercheurs et ingénieurs sans emploi à se lancer dans l’aventure et à devenir d’excellents porteurs de projets et futurs chefs d’entreprises.”